Taiyô Matsumoto est un mangaka très réputé, souvent élevé au statut de « culte » dans le milieu. Je dois vous avouer que ce n’est pas un auteur qui m’attire particulièrement, même si j’avais plutôt apprécié le premier tome de sa série Sunny. Cependant, j’ai lu énormément d’avis positifs sur « Tokyo, ces jours-ci » et je me suis dit qu’en 3 tomes, je ne prenais pas un gros risque.
Et autant vous dire qu’écrire cette chronique n’est pas du tout facile. J’ai un avis mitigé sur ce titre. Il y a quelques petites choses que j’ai adoré mais il y a malheureusement d’énormes moments durant lesquels je me suis presque ennuyée…
Quelques infos
- Edité chez Kana
- Série en 3 tomes – terminée
- 13,25€ le tome / 39,75€ l’intégrale
Le pitch de l’éditeur
Ce jour-là, Shiozawa, éditeur de mangas, a démissionné de son poste pour raison personnelle après trente années passées au sein de la même maison d'édition. Mais cet homme, qui vit seul dans un petit appartement loin de l'agitation de Tokyo et qui parle à son moineau de Java, ne parvient pas à laisser tomber les mangas. Le voilà qui part retrouver les dessinateurs dont il s'est occupé par le passé.
« Elle approche. La pluie. »

Commençons par l’histoire.
C’est très souvent quelque chose de décisif. Je peux m’accommoder de dessins qui ne sont pas forcément à mon goût, mais je ne peux pas passer à côté du fond. Ici, j’ai découvert le portrait de Shiozawa, éditeur depuis quasiment 30 ans qui décide de démissionner suite à un échec professionnel. Cet échec, c’est l’arrêt de publication d’un magazine spécialisé en manga qu’il avait créé. Il se retrouve donc seul à Tokyo, sans emploi, à vivre dans un petit appartement en compagnie de Java. Java est d’ailleurs son plus grand confident, son plus grand ami. Il discute régulièrement avec lui, quitte à attiser la curiosité des gens qu’il croise.

Mais après quelques temps, Shiozawa se met en tête de faire un dernier projet, quelque chose qui le fera vraiment vibrer. Il décide donc de contacter des artistes, homme ou femme, dont il apprécie particulièrement le travail. « Tokyo, ces jours-ci » c’est avant tout des rencontres plus ou moins fructueuses, des chemins de vie différents. Mais c’est également une critique détaillée et profonde du métier de mangaka.
Ce métier est très souvent fantasmé, avec une image positive du processus de création et du succès qu’il engendre. Sauf que c’est faux. Taiyô Matsumoto dépeint ici avec brio les difficultés et les dilemmes que chaque personne vit, qu’il soit mangaka en devenir ou confirmé. On se confronte aux doutes, aux aspirations et aux déceptions de tous les protagonistes. Famille séparée, syndrome de la feuille blanche, estime de soi, tout y passe. Et croyez-moi, sur le papier, ça avait tout pour me plaire…
Mais je n’ai pas été touchée.
J’ai besoin de me sentir proche des personnages, de ressentir leurs émotions, leurs épreuves et ici, j’ai malheureusement trouvé le récit un peu trop plat à mon goût. Le côté technique du métier ressort énormément et la poésie n’est que trop brève par rapport à la longueur des tomes. Oui, je comprends les motivations de Shiozawa. Oui, je trouve la relation entre lui et les mangaka intéressante. Et oui, je trouve que chacun a une histoire personnelle en lien avec le personnage principal. Mais je n’ai pas accroché. Certains passages m’ont semblé durer une éternité.
Au niveau des graphismes, j’ai toujours eu une relation compliquée avec les dessins de Taiyô Matsumoto. Tantôt je trouve les planches magnifiques, tantôt trop brouillonnes. J’ai malgré tout aimé découvrir chaque dernière page de chapitre qui offrait de sublimes illustrations. C’est un trait atypique, personnel qui n’est pas mon préféré mais qui est largement reconnaissable et je peux comprendre que certains adorent.



Je n’ai pas passé une mauvaise lecture, mais je n’en garderais pas un souvenir indélébile
Peut-être ne suis-je pas sensible à cet auteur, peut-être que cette série n’était pas faite pour moi. Quoi qu’il en soit, je ne compte pas m’arrêter là dans ma découverte de cet auteur et je vais continuer Sunny. Si j’en ai l’occasion, je lirais également Amer Béton et seulement après je pourrais me faire une réelle idée du travail complexe de Taiyô Matsumoto.
